Quelques minutes plus tard, quelqu’un toqua à la porte de la chambre et y entra. Toutes deux tournèrent la tête vers le nouvel arrivant. Caroline espéra voir Mike… Mais fut déçue de constater que ce n’était autre que son confrère.
- Le Dr Mendez n’est pas là ? demanda-t-elle un peu trop rapidement.
- Non, désolé ! Il n’a pas pu venir. Il m’a chargé de m’occuper des pansements de votre mère, lui répondit le concerné. Bien, vous êtes prête Madame Macdouglas ? reprit-il en se postant devant elle. Je vais retirer vos bandages petit à petit. Puis quand je vous dirai d’ouvrir les yeux, vous le ferez mais sans vous brusquer.
- Très bien…
Elle chercha la main de sa fille près d’elle et la serra fort. Elle avait peur du résultat. Il ne fallait pas qu’elle ait trop d’espoir. Sinon la chute serait dure, très dure.
- Je suis prête, reprit-elle, plus déterminée que jamais.

Le médecin se pencha vers elle, et délicatement, commença à dérouler le bandage qui encerclait la tête de sa patiente. Au bout de quelques secondes, il posa le tout sur une table près de lui et lui souleva légèrement le visage, qu’il examina attentivement. Il ne restait plus que deux bouts de cotons à retirer. Après quoi, ils sauraient si ça avait marché ou non.
Caroline retint son souffle et se posa près du médecin, de sorte à ce qu’elle soit face à sa mère quand celle-ci ouvrirait les yeux.
- C’est bientôt fini Madame, ne fermez pas les yeux trop fort. Contentez-vous simplement de garder les paupières fermées pour que la lumière du soleil ne vous éblouisse pas.
Toujours aussi délicatement, il souleva le premier morceau de coton et examina sous tous les angles la petite cicatrice sous l’œil de la malade. Il fit de même avec le second.
Caroline retint son souffle. Ça y est, l’instant de vérité était enfin arrivé. Elle avait hâte de savoir si sa mère la reverrait… Mais avait peur du contraire…

Quand à Madame Macdouglas, elle sentit son cœur s’arrêter quand le médecin lui retira le dernier bout de coton qui lui protégeait l’œil. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux. Pas maintenant, elle n’était pas prête. Et si elle avait subi cette opération pour rien du tout ? Elle ne le supporterait pas !
- Voilà, les bandages sont enlevés… Restez un moment les yeux fermés, prenez votre temps… lui dit gentiment le médecin.
Elle avait peur d’ouvrir les yeux et de voir encore et toujours ce « noir »… cet éternel « noir » qui occupait son quotidien. Des larmes vinrent perler à ses yeux.
Elle respira un bon coup et souleva doucement les paupières…
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