Elle resta silencieuse un moment, puis prit enfin la
parole.
-
Écoute,
ma chérie, je suis
désolée…
A ce moment, le monde autour de moi s’écroula. Je
savais que j’avais perdu Adriano… Mais pas de la
manière dont je pensais.
-
Est-ce
qu’il va s’en sortir ? demandais-je
d’une petite voix.
-
Mais de quoi
me parles-tu ?
-
Ad…
Adriano… Il a fait un accident ? C’est
ça ? C’est pour ça qu’il n’est
pas venu ? repris-je la
nouée.
Ma mère éclata de rire face à ma
détresse.
-
Ah si
seulement ce ne pouvait être que ça !
avait-elle
déclaré.
Je me rappelle que ce « QUE ça »
m’avait marqué… Ainsi, mon bonheur
n’avait aucune importance pour elle ? Je le compris
à sa façon de réagir. Elle était
froide. Comme si elle annonçait qu’elle partait en
voyage.

Après quelques minutes, elle reprit.
- Non, il
n’est pas mort. Il t’a quitté ! Il est
retourné vivre à New York. Pour voir sa
fiancée. Ses parents ont arrangé le mariage pour dans
deux semaines. Il m’a demandé de te transmettre ce
message, mot pour mot : « J’ai
passé d’agréables moments en ta compagnie. Tu
m’as été d’un grand réconfort.
Grâce à toi j’ai passé des vacances super
cool ! Que je m’empresserai de raconter à mes
potes. Peut-être que je leur dirai de passer un de ces
jours ! Que tu t’occupes d’eux comme tu t’es
occupée de moi ! Bref, ne regrette pas trop mon
départ. Sache que je t’aimais… bien ! Ma
fiancée m’attend à New York. Celle que
j’aime réellement, celle avec qui j’ai envie de
faire ma vie. Tu n’as été qu’une
passade… Tu as désormais toute la vie devant
toi ! à 16 ans je profitais pleinement de ma vie !
Fais-en de même. »
Ma mère s’est arrêtée sur cette phrase.
Elle m’a regardé de ses grands yeux diaboliques.
J’ai pu y lire toute la rage qu’elle éprouvait
à mon égard.

Tandis que mon cœur se brisait en mille morceaux, que ma
fierté tombait en miettes, que mes derniers espoirs
s’envolaient, elle était là, à me
regarder chavirer, sans rien tenter pour me soutenir… On
aurait dit qu’elle était contente que je
souffre.
J’ai détesté Adriano pour ce qu’il
m’avait fait. C’était à cause de lui que
ma mère me regardait comme ça.
-
Tu n’as
que ce que tu mérites. Si seulement tu m’avais tenue
au courant de ta relation, j’aurai pu te mettre en garde
contre ce chenapan. Tu n’as voulu en faire qu’à
ta tête ! comme d’habitude ! Assume tes actes
maintenant ! m’a-t-elle dit alors que je sentais
les larmes me monter aux yeux.
Je n’arrivais pas à croire qu’Adriano ait pu me
quitter comme ça !
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